Des oeuvres labyrinthiques

Le labyrinthe, apparu dès la Préhistoire, se retrouve dans de nombreuses civilisations.

Dans la mythologie grecque, selon la légende, Dédale aurait construit une série complexe de galeries pour enfermer le Minotaure. Le terme « dédale » est aujourd’hui un nom commun qui désigne un lieu où l’on s’égare facilement.

Chez les Egyptiens, ce monument souterrain servait généralement de tombeau pour d’illustres personnages. Il était conçu comme un enchevêtrement de couloirs et de voies qui menaient, pour la plupart, à des impasses.

De nos jours, le terme de labyrinthe désigne une organisation complexe, tortueuse, concrète ou abstraite, où la personne peut se perdre.

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Comment une oeuvre labyrinthique peut-elle intéragir avec les spectateurs ?

Les oeuvres labyrinthique se veulent participatives, elles invitent les spectateurs à la déambulation, ralentit le spectateur, l’amène à se perdre. Les visiteurs se retrouvent alors au centre de l’expérience.

Les artistes ré-interpréteront le labyrinthe en lui offrant une place dans l’art :

Depuis le milieu des années 1960, l’artiste plasticien et écrivain américain Robert Morris s’intéresse aux espaces labyrinthiques. Il construit des œuvres monumentales que les visiteurs peuvent toucher et même traverser. Le labyrinthe représente pour l’artiste une figure qu’il appelle un «présent continu» où ce qui se passe est déjà arrivé et se reproduira. « C’est une allégorie de la vie, nous savons comment nous entrons, mais nous ne pouvons pas sortir. Cependant, la recherche du centre d’abord puis de la sortie, plus tard, sont constants ».

L’œuvre réalisé par Robert Morris en 1991, présenté et conservé au musée Guggenheim à Bilbao est un labyrinthe triangulaire en panneau de fibres à densité moyenne, d’une hauteur de 3 mètres, avec une longueur de 1 km 828. Les couloirs ont une largeur de 60 cm. Cette œuvre appartient à l’une des collections les plus prestigieuses d’art minimaliste, post-minimaliste : la collection Panza avec notamment d’autres artistes comme Richard Serra.

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Richard Serra est un artiste d’art contemporain américain connu pour ses imposantes sculptures composées de lourdes plaques de métal entre lesquelles le spectateur peut déambuler. Les visiteurs peuvent entrer à l’intérieur, être immergés, et se déplacer dans un espace déterminé par la sculpture.

« The Matter of Time » est un ensemble de 7 sculptures de plaque en acier de 1 200 tonnes, sur 131 mètres de longueur et 4 mètres de hauteur.

L’installation est organisée de telle sorte que quand le visiteur entre dans la salle, il pénètre dans l’espace de la sculpture.

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L’architecte Bjarke Ingels a investi le hall du National Building Museum de Washington en 2015 avec son installation « BIG Maze », ou « grand labyrinthe ».

Il a imaginé un labyrinthe intérieur en bois incurvé grandeur nature.

Inspiré par les labyrinthes anciens, BIG Maze a, de l’extérieur, une forme cubique et des murs de 6 mètres de haut qui cachent son centre. À l’intérieur, les murs descendent lentement vers le centre pour révéler le chemin parcouru à 360° et montrer comment en sortir.

Un mécanisme intéressant selon l’architecte, comme il l’explique :

« À mesure que vous vous enfoncez dans le labyrinthe, votre démarche est de plus en plus inquiète. Que se passe-t-il si l’on inverse le scénario et que l’on offre un panoptique qui permet de comprendre visuellement comment l’on rejoint le centre ? »

« The Big Maze » doit alors être vu comme une expérience ludique et architecturale »..

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Depuis ses origines lointaines, le labyrinthe a encore de beaux jours devant lui, il ne cessera de surprendre le public. Que se soit par des sculptures ou des architectures, les oeuvres labyrinthiques font interagir les visiteurs, qui, sont alors totalement immergé dans un labyrinthe grandeur nature. Les artistes encouragent le spectateur à se déplacer autour de l’œuvre, en son intérieur ou sur elle, afin d’en obtenir des perspectives multiples.

Construction BIG MAZE

Sitographie / Webographie :

Guggenheim bilbao, « Sélection de Perceptions en transformation »,

https://www.guggenheim-bilbao.eus/fr/expositions/selection-de-perceptions-en-transformation-la-collection-panza-du-musee-guggenheim/

Konbini, TOMAS STATIUS, « Un labyrinthe géant dans un musée de Washington », 2015,

http://www.konbini.com/fr/inspiration-2/labyrinthe-geant-musee-washington/

Art Wiki, « Robert Morris », 2008,

http://www.artwiki.fr/wakka.php?wiki=RobertMorris

Narthex, PAUL-LOUIS RINUY, « Richard Serra sculpteur du temps », 08/03/2016,

http://www.narthex.fr/portraits-dartistes/richard-serra-sculpteur-du-temps

Point culture, MARIE, « Richard Serra, la sculpture monumentale à l’épreuve du post-minimalisme », 08/09/2014,

Richard Serra, la sculpture monumentale à l’épreuve du post-minimalisme

Ufunk, « BIG MAZE, Un immense labyrinthe en bois incurvé », 14/07/2014,

http://www.ufunk.net/design/big-maze/

Artpla33, BLOGGER, Le labyrinthe dans l’art, 14/10/15,

http://artpla33.blogspot.fr/2015/03/le-labyrinthe-dans-lart.html

Vidéo :

« National Building Museum: The BIG MAZE Construction Time-Lapse », Youtube, Work Zone Cam, 08/07/2014, 0’52

 

 

 

 

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